Dire ce qu'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas

  • Théâtre
Archive 2014

Antônio Araújo

L’œuvre de Bernardo Carvalho est publiée aux éditions Métailié et aux éditions Rivages. "Dire ce qu’on ne pense pas dans des langues qu’on ne parle pas" est une commande d’écriture et de création dans le cadre du projet "Villes en Scène/Cities on Stage".

Présentation

C'est à partir d'un texte dramatique écrit par l'auteur brésilien Bernardo Carvalho à la demande d'Antônio Araújo, que le Teatro da Vertigem creuse la question de la crise économique, répondant ainsi à l'invitation de réaliser une création dans le cadre du projet européen Villes en Scène/Cities on Stage. Inscrite dans la réalité de l'Europe d'aujourd'hui, la mise en scène de ce roman théâtral raconte le retour sur notre continent d'un vieil homme. Cet homme qui y a vécu comme exilé politique dans les années 1970, au moment de la terrible dictature militaire brésilienne, revient avec sa fille, économiste. Elle souhaite le guérir d'une aphasie totale et l'accompagne de rencontres en rendez-vous : fonctionnaires de l'immigration, ancien syndicaliste ami, médecin, économistes, hommes d'affaires... qui dessineront autant de portraits que de fissures de cette nouvelle Europe qu'il ne reconnaît plus. En proposant de jouer cette pièce dans les lieux du pouvoir monétaire, réel ou symbolique, Bourse de Bruxelles et Hôtel des Monnaies à Avignon, Antônio Araújo déplace le lieu de représentation et nous entraîne physiquement à repenser notre rapport à ces centres économiques. En dehors de tout discours dogmatique mais à hauteur de femmes et d'hommes qui se croisent, se parlent, rêvent, angoissent, Dire ce qu'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas pourrait être «une longue nuit de discussions, en pleine crise, quand personne ne savait plus quoi faire, ni qui représentait qui ou quoi.»

En créant avec des collaborateurs artistiques le Teatro da Vertigem, le Théâtre du Vertige, Antônio Araújo s'inscrit dans le paysage théâtral brésilien à l'endroit de la recherche et de l'expérimentation. Sa démarche est avant tout de prendre du temps : le temps nécessaire à la production et préparation d'un spectacle qui peut atteindre deux ans, le temps de jouer ce spectacle le plus longtemps possible jusqu'à trois saisons consécutives, le temps de l'envisager dans des lieux hors des murs du théâtre, dans des lieux correspondant parfaitement aux thématiques abordées. C'est ainsi que sont créés Paradis Perdu dans une église en activité de São Paulo, Le Livre de Job dans un hôpital, Apocalypse 1,11 dans une prison désaffectée, BR-3 sur un bateau circulant sur le fleuve Tietê... À travers ces spectacles, Antônio Araújo affirme la volonté de travailler avec des artistes-penseurs, et aussi un public-penseur. Hors de l'institution et hors du continent sud-américain, le Teatro da Vertigem se fait connaître à Londres, Berlin, Amsterdam, Bruxelles, Paris. C'est à partir de cette conscience des réalités européennes qu'Antônio Araújo a imaginé Dire ce qu'on ne pense pas dans des langues qu'on ne parle pas.

D'abord journaliste puis romancier et nouvelliste, Bernardo Carvalho est un grand voyageur. Correspondant pour le journal Folha de São Paulo, il a vécu à Paris et à New York. C'est avec Aberration, recueil de nouvelles publié en 1993, qu'il connaît un premier succès qui ne se démentira plus. Ses oeuvres romanesques considérées comme des « fictions documentées » sont au nombre de huit, dont Neuf nuits, qui se déroule sur les pas d'un anthropologue en 1939, Ta mère, qui raconte l'histoire de jeunes russes, et Mongolie. Il collabore avec le Teatro da Vertigem pour qui il a déjà écrit le texte BR-3.

Jean-François Perrier, avril 2014

Distribution

Mise en scène Antônio Araújo
Texte Bernardo Carvalho
Traduction Pauline Alphen
Scénographie Thiago Bortolozzo
Dramaturgie Sílvia Fernandes, Antonio Durán
Lumière Guilherme Bonfanti
Son Thomas Turine
Trompette Ludovic Bouteligier
Vidéo Fred Vaillant
Costumes Frédéric Denis, Laurence Hermant
Assistanat à la mise en scène Eliana Monteiro, Maria Clara Ferrer

Avec Roberto Audio Le pasteur, un homme musulman, Richard (l'assistant du commissaire), un client du bar, un manifestant et le touriste 1
Jean-Pierre Baudson Le fonctionnaire de l'immigration 2, le syndicaliste, le commissaire, un clochard, un client du bar, un économiste et Homme (joggeur) Claire Bodson Fille
Didier de Neck Père, le père de la gamine et un client du bar
Vanja Godée Femme enceinte du fonctionnaire, une autre économiste 2, choeur des langues, la Gamine, la propriétaire de l'appartement, la leader fasciste, Femme (joggeuse) et la guide touristique
Nicolas Gonzales Le fonctionnaire de l'immigration, l'escroc et un manifestant
Vincent Hennebicq L'homme d'affaires, Robert, le médecin, choeur SDF, un homme à la mallette rouge, le consul et le médiateur
Luciana Schwinden La bourgeoise parvenue, une économiste 1, une femme voilée, la secrétaire de l'ambassade et touriste 2

et le choeur Serge Attougha, Mamadou Diattou, Sophie Mangin, Valérie Paüs, Amandine Richaud, Florent Terrier, William Vity

 

 

Production

Production Festival d'Avignon, Théâtre National (Bruxelles) avec la collaboration de la compagnie Teatro da Vertigem
Avec le soutien du Programme Culture de l'Union européenne dans le cadre du projet Villes en Scène/Cities on Stage et de la SPEDIDAM
Avec l'aide de Petrobras et Consulat de France à São Paulo

En photos

Infos pratiques