Le Festival d'Avignon

Le Prince de Hombourg, Giorgio Barberio Corsetti, Cour d'honneur du Palais des papes, 2014 © Christophe Raynaud de Lage

Un projet artistique

Fondé en 1947 par Jean Vilar, le Festival d'Avignon est aujourd'hui l'une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. Chaque année, en juillet, Avignon devient une ville-théâtre, transformant son patrimoine architectural en divers lieux de représentation, majestueux ou étonnants, accueillant des dizaines de milliers d'amoureux du théâtre de toutes les générations. Le Festival réussit l'alliance originale d'un public populaire avec la création internationale. Avignon, c'est également un esprit : la ville est un forum à ciel ouvert, où les festivaliers parlent des spectacles et partagent leurs expériences de spectateurs. Un mois durant, tous peuvent avoir accès à une culture contemporaine et vivante.

Le programme est composé de spectacles, mais aussi de lectures, d'expositions, de films et de débats, qui sont autant d'entrées dans l'univers des artistes et intellectuels invités. Il y a, chaque soir au Festival, une ou plusieurs « premières », qui font d'Avignon un véritable lieu de créations et d'aventures, pour les artistes comme pour les spectateurs.

« Redonner au théâtre, à l'art collectif, un lieu autre que le huis clos ; réconcilier architecture et poésie dramatique ». Jean Vilar

Les directeurs du Festival d'Avignon sont nommés par le conseil d'administration, avec l'accord conjoint et formel du maire d'Avignon et du ministre de la Culture. Depuis Jean Vilar, le directeur bénéficie de la plus totale liberté dans le choix du programme. Toutes les tutelles publiques ont toujours respecté cette indépendance d'action, quelles qu'aient été les situations politiques.

Auteur, metteur en scène et acteur, Olivier Py est né en 1965. Après des études à l’École nationale supérieure d’Arts et Techniques du Théâtre (Ensatt), il entre au Conservatoire national supérieur d’Art dramatique en 1987, tout en faisant des études de théologie.
En 1988, sa première pièce Des oranges et des ongles, est mise en scène par Didier Lafaye. La même année, Olivier Py fonde sa compagnie. Olivier Py est fidèle au Festival d'Avignon où son travail a été vu de nombreuses fois. Il y crée l’évènement en 1995 en proposant La Servante, histoire sans fin, cycle de pièces qui dure 24 heures, avant d’y revenir à maintes reprises, notamment en 2006, lorsqu'il met en scène dans la Cour d'honneur du Palais des papes un hommage à Jean Vilar, L'Énigme Vilar. En 1998, Olivier Py est nommé à la direction du Centre dramatique national d'Orléans. Il prendra ensuite la direction de l'Odéon-Théâtre de l'Europe de 2007 à 2011. Il se voit confier la direction du Festival d'Avignon à partir de l'édition 2014. Une fonction qu'il occupe depuis septembre 2013.

Né en 1971, Paul Rondin suit une formation littéraire pour se diriger ensuite vers les arts du spectacle, tout en accompagnant son cursus de formations complémentaires en gestion des institutions culturelles et sciences politiques. De 1994 à 1996 il est gestionnaire au service théâtre de la DRAC d’Ile-de- France au ministère de la Culture, puis chargé de mission à l’AFAA (ministère des Affaires étrangères). C’est en 2000 qu’il devient administrateur du Centre dramatique national d’Orléans, sous la direction d’Olivier Py, jusqu’en 2007. Au cours de cette période, il s’engage également aux côtés du Parlement international des écrivains / Réseau international des villes refuges. En 2007, il rejoint Olivier Py à l’Odéon-Théâtre de l’Europe pour devenir son secrétaire général jusqu’à l’automne 2012. Après une mission de préfiguration du Festival d’Avignon, il en devient le directeur délégué à partir du 1er septembre 2013. En 2018, il reçoit un second mandat à la direction du Festival. Il co-fonde en 2014 la French Tech Culture, intervient dans de nombreux colloques en France et à l’étranger sur des sujets de politique culturelle et traitant du rapport numérique/culture. Il a été avec Catherine Courtet (Agence nationale de la Recherche) à l’initiative des Rencontres Recherche et Création.

Quelques chiffres

Chaque édition :

  • présente une cinquantaine de spectacles différents, français et étrangers, pour environ 300 représentations et plus de 400 rendez-vous en tout avec les rencontres, débats, projections. 80% des spectacles sont des créations ou des premières en France.

  • organise autour de la programmation des Ateliers de la pensée avec des chercheurs, philosophes, militants, des rencontres avec les artistes du Festival, des lectures de textes inédits, des projections de films, des expositions qui permettent de faire du Festival une fête de la pensée et de la découverte. Il y a environ une centaine de rendez-vous regroupés au sein de 14 programmes, la plupart en accès libre.

  • transforme plus d'une vingtaine de lieux, le plus souvent patrimoniaux et en plein air, en espaces scéniques, très variés par leur architecture et leur nombre de places, de 50 à 2000.

  • délivre environ 110 000 billets pour les spectacles payants et 30 000 entrées libres pour les programmes, débats, rencontres, lectures… Ses spectateurs viennent environ pour 38% de la région d'Avignon, 28% d'Ile-de-France, 23% des autres régions françaises et 11% de l'étranger. Ces dernières années, le Festival connaît une fréquentation moyenne de plus de 90%.

  • réunit plus de 600 journalistes français et étrangers qui écrivent plus de 2 000 articles sur le Festival. Des émissions de télévision ou de radio s'y déroulent en direct. Tous les grands supports de presse écrite y envoient des correspondants. Une cinquantaine de photographes couvrent par ailleurs l'événement.

  • 12% du public sont des professionnels (programmateurs, directeurs, producteurs, équipes de communication et relations avec le public) quand 20% sont présents pour des raisons professionnelles (compagnie, presse…). Ils viennent pour découvrir les spectacles, monter les futures productions et organiser des rencontres sur les arts de la scène et les politiques culturelles. Véritable forum professionnel, le Festival et l’Institut supérieur des techniques du spectacle organisent une Maison des professionnels du spectacle vivant où des débats et rencontres élargissent les points de vue et les axes de recherches de la profession. Il s’agit d’un moment unique dans la vie culturelle européenne. Édité à 10 000 exemplaires, un guide du professionnel du spectacle vivant recense jour après jour ces rendez-vous.

  • édite chaque année 80 000 programmes et 12 000 guides du jeune spectateur. En 2019, la politique de réduction des impressions a permis de réduire de 2 tonnes de papier.

  • Le site Internet, en français et en anglais, connaît une fréquentation forte et constante (4 millions de pages vues par an). Une application mobile a été lancée en 2019 et remplace ainsi le guide du spectateur. 140 000 socionautes suivent un ou plusieurs des 4 comptes du Festival d’Avignon : Facebook, Twitter, Instagram et LinkedIn.

  • bénéficie d'un budget de 14 millions d'euros pour l'année 2019 (hors prestations en nature de la Ville et de l'Agglomération), dont les dépenses se répartissent ainsi : 70 % pour les activités programmation, production, coproduction, action culturelle, 30 % pour le fonctionnement à l’année (dont celui de la FabricA). Ses ressources proviennent pour 60 % de subventions publiques (dont 49% de l'État, 20% de la Ville d'Avignon y compris les prestations en nature, 13% de la Communauté d'Agglomération du Grand Avignon y compris les prestations en nature, 9% de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur et 9 % du Département de Vaucluse), de 31 % de recettes propres (billetterie, mécénat, sociétés civiles, partenariats spécifiques, vente de spectacles...) et de 9% de produits divers (subventions d’investissements, fond dédiés).

  • a établi des relations durables avec des mécènes, au premier rang desquels la Fondation Crédit Coopératif. Le Festival a mis en place un cercle des entreprises partenaires du Festival regroupant une quinzaine de petites et moyennes entreprises, ainsi qu'un cercle des mécènes individuels.

  • génère au sein de l’écosystème culture/tourisme des retombées économiques sur le bassin régional estimées à 100 000 millions d'euros.

Parallèlement au Festival d'Avignon, le Off accueille plus de 1 000 compagnies qui se produisent de leur propre initiative dans une centaine de lieux différents en trouvant les financements nécessaires.