Daewoo

de François Bon

  • Théâtre
Archive 2004

France / Création 2004

Daewoo

Infos pratiques

Présentation

C'est l'histoire d'une collaboration artistique, d'une amitié politique, d'une recherche en commun d'un “théâtre citoyen”. En 1995, le metteur en scène Charles Tordjman invite François Bon à écrire une pièce pour le théâtre de la Manufacture (Centre dramatique national Nancy Lorraine) qu'il dirige. Une proposition tout d'abord déclinée, puis transformée en de multiples interventions littéraires menées par l'écrivain dans une région touchée par la crise industrielle et le déclin de la classe ouvrière. Un terrain que cet infatigable meneur d'ateliers d'écriture arpente depuis Sortie d'usine (1982), son premier ouvrage. De l'intérieur du théâtre, frottant ses mots aux exigences du plateau, François Bon a pu ainsi trouver le chemin de l'écriture dramaturgique. Renaissance de la farce et grande fête du langage autour de la “folie Rabelais” avec Fariboles (1998), mémoires d'outre-tombe des sans abris dans Bruit (2000), veillées funèbres dans Vie de Myriam C. (1997) et Quatre avec le mort (2002) : tous ces textes de commande ont été montés par Charles Tordjman, metteur en scène des écrits de Marguerite Duras et de Serge Valetti, d'Anton Tchekhov et de Bernard Noël, et directeur d'un théâtre résolument impliqué dans son territoire.

Daewoo
Un samedi soir, quatre femmes sont réunies pour une fête amère, une triste célébration. Il s'agit bien de danser, mais sur les ruines de la classe ouvrière, « comme si la colère était derrière ». Voici un an, leur usine a fermé, les jetant à la rue, comme tant d'autres licenciés avec lesquels elles ont âprement combattu. Une de leurs amies a disparu. Les autres tentent parfois une sortie, cherchent dans les petites annonces, dans leur amitié et leurs souvenirs de quoi tenir. Tentatives de “reclassement”, valse des sentiments, angoisse du dénuement, honte de se montrer au supermarché : cet événement a bouleversé jusqu'au plus profond de leur intimité. Composée pour quatre femmes comme un quatuor à cordes, cette incarnation poignante et burlesque de résistantes meurtries est inspirée de la tragédie lorraine que fut la fermeture des entreprises coréennes Daewoo. Trois usines d'un millier de salariés – des femmes en majorité, trois entreprises symboliques de notre modernité installées à grand renfort de battage médiatique et d'aides publiques, vouées à la fabrication d'objets emblématiques : assemblage de fours à micro-ondes et de tubes cathodiques. À partir de l'histoire de cet acharnement économique,
François Bon a élaboré la partition de cette comédie caustique des fonds de pension et de la reconversion, cette farce de la mobilité et des plans sociaux, des “salles insonorisées avec bouteilles d'eaux minérales”. Luttes et séquestrations, usines incendiées et explosion de fous rires : chaque voix de femme donne corps aux véritables ressources humaines d'un monde que l'on transforme en un gigantesque et grotesque poste de télévision.

Distribution

avec : Christine Brücher, Julie Pilod, Samira Sédira, Agnès Sourdillon
scénographie : Vincent Tordjman
lumières : Christian Pinaud
musique : Vicnet
costumes : Cidalia Da Costa
maquillages : Sophie Niesseron
assistant à la mise en scène : Yedwart Ingey

Production

production : Théâtre de la Manufacture, Centre dramatique national Nancy-Lorraine
avec le soutien : de la Communauté d'agglomération du Val de Fensch et de “Beaumarchais” / Sacd
avec l'aide de : l'Opéra de Nancy et de Lorraine et du Centre technique de la Ville de Nancy

En photos

Notre part d'enfance © Christophe Raynaud de Lage

En savoir plus