Dialogue avec Tiago Rodrigues pour "La Cerisaie"

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Exilée à Paris depuis de nombreuses années, Lioubov, créature insaisissable et lunaire, revient dans son domaine qui doit être vendu pour dette. Pivot tragique de cette pièce qui oscille entre drame et comédie, cette figure maternelle, cette mater dolorosa, interprétée par Isabelle Huppert, retrouve les siens perturbés par l’avenir de la propriété et, plus largement, du monde qu’elle a laissé derrière elle. La société moderne et ses mutations sociales arrive à grands pas. À grand bruit. Quand il pense à La Cerisaie, Tiago Rodrigues a un tempo secret en tête : allegro vivace et est convaincu que la dernière pièce du dramaturge russe traite de l’énergie avec laquelle « l’inexorable puissance du changement » précipite les personnages d’acte en acte. Si avec ses comédiens et son équipe, il a cherché à aborder les inquiétudes, les réactions et contre-réactions qui en découlent, il a aussi voulu voir les espoirs que porte tout nouveau monde, alors que personne ne peut encore réellement les comprendre. Avec les mots de Tchekhov, le metteur en scène a trouvé un incroyable carburant dramaturgique pour nourrir sa machine théâtrale, briser le quatrième mur et rassembler le public autour des grands défis qui attendent « l’aujourd’hui ».