The Last Supper

  • Théâtre
Archive 2015

Ahmed El Attar

Le Caire

Attention : en raison du changement de sens de circulation avenue du 7e Génie durant la période du Festival, la navette pour Vedène partira du Cours Jean Jaurès. Suivez les panneaux du Festival !
The Last Supper

Infos pratiques

Présentation

The Last Supper aime jouer de ses fausses ressemblances avec le dernier repas du Christ. Comme dans la plupart des peintures figurant la Cène, on y découvre les convives côte à côte, attablés sans naturel voire avec affectation. Car s'ils partagent un dîner et font oeuvre d'être réunis, les personnages de la pièce d'Ahmed El Attar se donnent aussi volontiers en représentation. Ils forment une famille emblématique, jusqu'à la caricature, de la haute bourgeoisie cairote. Au moment où l'Égypte post-révolutionnaire fait face à des défis politiques, économiques et sociaux majeurs, leurs conversations manifestent insouciance, frivolité et mépris pour le peuple. Le metteur en scène ausculte une classe sociale dominante, obsédée par le paraître et l'argent, dont il aime reprendre le langage et les postures pour en relever la vacuité. Dans un flot ininterrompu de paroles, les personnages font leur lit du vide et s'y vautrent jusqu'à l'absurde. La fiction s'avère plus réaliste que bien des documentaires, et tous assurent sans ciller que « l'agitation » finira bien par cesser. Le metteur en scène égyptien et ses onze comédiens travaillent le langage comme foyer et symptôme d'une vertigineuse crise de sens ; bien qu'en langue arabe et situé au Caire, ce dernier dîner pourrait bien tous nous concerner.

Adolescent, Ahmed El Attar réalise à quel point, en Égypte, le langage est dévoyé. Parents, médias, enseignants racontent une réalité que son expérience du quotidien dément. Aujourd'hui, il ne cesse d'en déjouer les pièges et d'en explorer les potentialités en plaçant le dire au centre de ses créations. Usant de nombreux registres – littérature classique, culture populaire, conversations de café –, il produit des performances qui tiennent à distance les conventions du théâtre sans pour autant les piétiner. Après avoir monté ses propres textes – Le Comité (1998), La vie est belle ou En attendant mon oncle d'Amérique (2000) –, Ahmed El Attar crée des oeuvres composites à partir de livres d'écoles, de serments ou de discours politiques, comme celui prononcé par Nasser en 1956 pour la nationalisation du Canal de Suez (dans F**k Darwin ou Comment j'ai appris à aimer le socialisme). Outre ses activités d'auteur, performeur, metteur en scène, Ahmed El Attar est omniprésent dans le milieu culturel cairote, qu'il veut perturber. Il est, entre autres, le fondateur et le directeur d'un lieu de répétition, les studios Emad Eddin, et d'un festival pluridisciplinaire, le Downtown Contemporary Arts Festival (D-CAF).

Distribution

Texte et mise en scène Ahmed El Attar
Musique Hassan Khan
Décor et costumes Hussein Baydoun
Lumière Charlie Aström
Son Hussein Sami
Traduction française Menha El Batraoui, Charlotte Clary

Avec
Boutros Boutros-Ghali Le père
Ahmed Farag, en alternance avec Salah-Eddine Meliouh L'enfant
Mona Farag, en alternance avec Sakina Meliouh L'enfant
Mahmoud El Haddad Le domestique
Mohamed Hatem Le majordome
Ramsi Lehner Le fils
Nanda Mohammad Fifi
Abdel Rahman Nasser Mido
Sayed Ragab Le général,
Mona Soliman La bonne
Marwa Tharwat Mayoush

Production

Production Orient Productions, The Temple Independent Theatre Company
Coproduction Tamasi Collective
Avec le soutien du Studio Emad Eddin Foundation, de Swedish International Development Agency, du ministère de la Culture de la République arabe d'Égypte
En partenariat avec RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya

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