Asobu

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Archive 2006

Josef Nadj

France / Création 2006

Un travail de regard, de vision qui tels une esquisse, un trait, un tracé étend son geste jusqu'à l'épure ou la disparition. Asobu est conçu à la façon d'une traversée. Un voyage dans le monde des corps et de la matière.
Asobu, Joseph Nadj, 2006 © Christophe Raynaud de Lage

Présentation

Entrer dans le « jeu » – « asobu » en japonais – , dans ses multiples dimensions, est pour Josef Nadj un nouveau pari envers la scène et la geste qui se déploie dans l'ensemble de son œuvre. Après un fabuleux dialogue entre musique et danse créé l'an passé, Last Landscape, entièrement tourné vers l'acte du peintre et l'écriture musicale – couleurs et variations développées en proche complicité avec le compositeur russe Vladimir Tarasov –, le chorégraphe revient à l'une de ses attitudes favorites : étudier la vie et l'œuvre d'un auteur pour tisser des correspondances imaginaires avec celui-ci et son propre questionnement artistique, le corps, le mouvement, la poésie et l'image. Depuis longtemps, les œuvres d'Henri Michaux fascinent le chorégraphe, et cela pour deux motifs primordiaux : le poète emprunte les voies du dessin, les taches, pour creuser le sens même du langage, et il a recours au voyage pour inventer ces peuples imaginaires, ces petites tribus insolites qui surgissent telles des apparitions visuelles. Tisser « la fable des origines », titre de l'un des premiers textes de Michaux, est parmi les thèmes communs aux deux artistes, le chorégraphe allant sans cesse puiser, comme un retour à la source, la matière de ses créations dans sa région d'origine, matière qu'il métamorphose en l'imprégnant d'éléments venus d'ailleurs, issus d'autres cultures et langages artistiques. Henri Michaux a fait le voyage vers le Japon et en a tiré son récit Un barbare en Asie. Josef Nadj, lui, part de Kanizsa pour se rendre au pays du Soleil-Levant et crée Asobu. Un voyage réel mais aussi métaphorique, à travers le fleuve, la Tisza, qui longe sa ville natale Kanizsa et invite constamment au déplacement sur ses eaux paresseuses. Aussi, Josef Nadj a décidé, pour cette création, d'intégrer à sa compagnie six danseurs contemporains japonais, dont quatre formés au butô. Au nombre de vingt-quatre, les interprètes, danseurs et musiciens, dont le compositeur Vladimir Tarasov, se fondent dans le paysage scénique imaginé par le chorégraphe. Costumes et mannequins contribuent aux énigmatiques effets de transformation qui les animent. Les corps se fondent les uns dans les autres, se déforment, roulent, gisent, s'élèvent ou chutent, révélant d'autres mondes étranges et intérieurs, un foisonnement, une accumulation de matière, des effets de masse, de densité, qui focalisent le regard. Et que la danse projette tout à coup dans l'espace de la Cour d'honneur, sur toute l'étendue de l'immense plateau, qui se fait horizon, en accueille l'éclatement, l'envol ou le fourmillement. Un travail de regard, de vision qui tels une esquisse, un trait, un tracé étend son geste jusqu'à l'épure ou la disparition. Asobu est conçu à la façon d'une traversée. Un voyage dans le monde des corps et de la matière.

Distribution

Chorégraphie et scénographie Josef Nadj
Composition musicale de Akosh Szelevenyi et Szilárd Mezeï
Avec Guillaume Bertrand, Istvan Bickei, Damien Fournier, Peter Gemza, Mathilde Lapostolle, Cécile Loyer, Nasser Martin-Gousset, Josef Nadj, Kathleen Reynolds, Gyork Szakonyi, Ikuyo Kuroda (Compagnie BATIK), Mineko Saito (compagnie Idevian Crew) et Ikko Tamura, Pijin Neji, Tomoshi Shioya, Yusuke Okuyama (compagnie Butô « Dairakudakan »)
Musique interprétée par Akosh Szelevenyi, Szilárd Mezeï, Gildas Etevenard, Ervin Malina
Assistante à la chorégraphie Mariko Aoyama
Conception des lumières Rémi Nicolas
Assisté de Christian Halkin
Réalisation de la scénographie Michel Tardif et les ateliers du Festival d'Avignon
Décoratrice Jacqueline Bosson
Costumes Yasco Otomo
Assistée de Fabienne Orecchioni, Francine Ouedraogo, Sayo Maeda, Françoise Yapo
Conception vidéo Thierry Thibaudeau
Production et diffusion Martine Dionisio
Ce spectacle est dédié à Thomas Erdos

Production

Coproduction Centre Chorégraphique National d'Orléans, Festival d'Avignon, Setagaya Public Theatre (Tokyo), Théâtre de la Ville - Paris, Emilia Romagna Teatro Fondazione (Modène)
Avec le soutien du Carré Saint-Vincent-Scène nationale d'Orléans, deSingel (Anvers) et de Cankarjev Dom (Ljubljana)
Avec l'aide du programme « Performing Arts Japan » de la Fondation du Japon et du programme Culture 2000 de l'Union européenne
Avec le concours de Kirin Brewery Co, Shiseido Co et Air France
Asobu est réalisé grâce au soutien de la Région Centre
Le Festival d'Avignon reçoit le soutien de l'Adami pour la production
Le Centre Chorégraphique National d'Orléans est subventionné par le ministère de la Culture et de la Communication – Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles DRAC Centre, la Région Centre, la Ville d'Orléans, le Département du Loiret.

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