Pour célébrer sa 80e édition, le Festival d’Avignon brandit le drapeau des questions. Questions poétiques et politiques, intimes et collectives, théâtrales ou chorégraphiques, en français ou en coréen : une multitude d’interrogations portées par la créativité d’artistes venus de tout le pays et du monde entier.
Cette utopie culturelle fondée par Jean Vilar, qui se répète et se réinvente depuis 1947, est une fête célébrant le partage des questions entre artistes et public. C’est là l’origine des milliers de débats qui animent les rues et les places de la ville. Des conversations passionnantes et passionnées. Après avoir assisté aux spectacles, sur un pied d’égalité, le public exprime les opinions et émotions suscitées par les œuvres et débat librement du théâtre et du monde. C’est ainsi que bat chaque été le cœur du pays du théâtre.
Dans une époque minée par de mauvaises réponses, parfois trop simplistes pour mieux diviser une société déjà dramatiquement polarisée, il est plus que jamais nécessaire de se rassembler pour cultiver l’amour des questions et la beauté du doute. Pour faire vivre le débat à Avignon, nous proposons une programmation composée d’une pluralité de voix artistiques, reflétant la diversité des visions du monde dans le respect absolu de la liberté d’expression et de création. Ce n’est qu’au contact de la différence que peut naître le désaccord, point de départ du dialogue. Le Festival d’Avignon existe pour rassembler et unir, non pas autour d’une pensée unique ni dans le silence face à l’état du monde. À Avignon, les gens se rassemblent, de plus en plus nombreux, pour découvrir les multiples questions portées par les artistes et ils s’unissent à travers des échanges nourris par une pensée libre et critique. Sous le drapeau du pays du théâtre.
Tiago Rodrigues
Directeur du Festival d’Avignon